|
Après la chute de l’empire romain, la réduction de la population dans la région se traduit par un abandon de nombreuses terres qui sont reconquises par la forêt. La couverture forestière scelle ainsi les sites protohistoriques et gallo-romains.
Les nécropoles mérovingiennes du Châtillonnais ont fourni des pièces intéressantes montrant que les hommes du haut Moyen Âge étaient des artisans habiles, en particulier les forgerons et les orfèvres. Les scramasaxes (couteau large) dont ceux de Louesme, les haches d’arme, les francisques et les longues épées damassées de Veuxhaulles font appel à une technique originale de forgeage favorisant la souplesse des lames. La fibule mérovingienne en forme d’animal provenant d’Ampilly-le-Sec et les plaques-boucles de ceintures damasquinées, trouvées à Recey-sur-Ource, Saint-Phal et à Cestres sont remarquables.
La damasquinure est une technique particulière de placage d’argent sur un support en fer.
C’est avec cette technique que fut réalisée la seule inscription mérovingienne de la région.
Le 6e siècle est marqué par deux personnages : saint Vorles de Marcenay, doué de bilocation, et saint Valentin de Griselles, prêtre-ermite.
Deux autres figures marquent l’histoire religieuse du Châtillonnais :
• Robert qui fonde les abbayes de Molesme et Citeaux.
• Bernard quii fonde Clairvaux, Fontenay et Notre-Dame de Châtillon.
L’église Saint-Vorles, à découvrir à proximité du musée, édifice préroman de l’an mil qui domine la ville, est de plan rhénan avec un transept occidental à décor de bandes lombardes et un chevet à trois volumes. C’est dans la chapelle basse, au-dessous du transept, que la tradition place le ‘’miracle de la lactation’’ de saint Bernard, étudiant pendant sa jeunesse chez les chanoines de Saint-Vorles. On peut découvrir dans cette salle un buste reliquaire de saint Vorles, deux panneaux peints double face représentant des épisodes de sa vie, précieux fragments d’un autre reliquaire, et un bâton de procession le représentant sauvant l’enfant des flammes.
L’abbaye Notre-Dame qui fut fondée au 12e siècle à l’initiative de Bernard, alors abbé de Clairvaux, par l’évêque de Langres, le duc de Bourgogne et le comte de Champagne, s’est développée rapidement.
Á la fin du siècle, l’abbatiale était achevée. Son architecture et son plan ont été directement influencés par ceux de Fontenay dont elle a les proportions. La nef voûtée en berceau brisé est renforcée par des arcs doubleaux et contrebutée par des chapelles latérales.
Les travaux d’aménagement du musée ont permis la découverte d’un égout du 12e siècle.
Au 16e siècle, les bâtiments conventuels sont dévastés, mais l’abbatiale est épargnée. Les bâtiments sont reconstruits aux 17e et 18e siècles. L’abbaye devient abbaye royale Notre-Dame et les Génovéfains de l’ordre de sainte Geneviève imposent une réforme rigoureuse. Au 18e siècle, un porche est construit devant le portail ouest de l’abbatiale d’après les plans de Jean-Baptiste Bouchardon. On peut voir le dessin dans cette salle. Les bâtiments échappent aux destructions révolutionnaires mais le mobilier disparaît. L’hôpital fondé par l’abbé Guyotte y est transféré à la Révolution. Il fonctionnera jusqu’en1980.
 côté des églises Saint-Nicolas du 12e siècle et Saint-Jean du 16e siècle les établissements religieux se sont multipliés et il faut imaginer la magnificence du couvent des Cordeliers de Châtillon, fondé par les Franciscains, en 1226.
Du couvent des Capucins aujourd’hui transformé en habitations, il ne reste qu’une statue de saint Bernard et une porte présentées ici.
Toute la région a hérité d’un important patrimoine d’églises et de monastères. L’abbaye de Pothières, fondée au 9e siècle par Girard de Roussillon, au nord du mont Lassois, n’a conservé que les bâtiments d’une reconstruction du 18e siècle. Mais dans cette salle on peut découvrir des chapiteaux monumentaux du 12e siècle et l’inscription en marbre du fils de Girard de Roussillon ainsi que le denier d’argent à l’effigie de Charles le Chauve qui été frappé sur le mont Lassois à la même époque.
L’abbaye de Molesme, dont une lithographie est dans la salle, est située à proximité de la ville gallo-romaine de Vertillum. Elle a été fondée par Robert qui venait du prieuré clunisien de Montier-la-Celle près de Troyes et partiellement détruite en 1792.
Au cœur de la forêt du Châtillonnais, l’abbaye du Val des Choux, fondée en 1193 par Eudes III de Bourgogne et victime de la fièvre révolutionnaire est actuellement remise en valeur.
De nombreuses églises de la région sont remarquables.
La crypte de Griselles, à l’ouest de Marcenay, abrite le tombeau gallo-romain de saint Valentin.
De Voulaines-les-Templiers le musée présente deux sculptures remarquables, saint Jean-Baptiste et l’évêque saint Claude de l’école bourguignonne du 15e siècle qui complètent la collection dont les deux chefs-d’œuvre sont les anges dits de Fontenay, du 13e siècle.
Bure-les-Templiers et Épailly ont conservé des vestiges des commanderies de cet ordre religieux.
Á Bure-les-Templiers, on peut voir la pierre tombale de Guillaume de Fougerolles.