Exposition

Fouille du monument funéraire de la Dame de Vix

  • Vix_mont Lassois © Rene Goguey

    Vix, mont Lassois © René Goguey

    Le site de Vix constitue, en France, un témoignage exceptionnel du phénomène princier celtique. Il est avant tout célèbre pour la tombe de la Dame de Vix, dont la fouille, menée en 1953, a mis au jour un mobilier de grande qualité témoin de la richesse de l’élite qui dominait alors cette société.

    Inscrites en 2006, puis classées au titre des Monuments historiques en 2011, les parcelles correspondant à son emprise ont été achetées, avec l’aide financière de l’État, par la Communauté de Communes du Pays Châtillonnais qui soutient et encourage ces recherches archéologiques.

    Hormis la chambre funéraire, le vaste monument funéraire qui l’abritait n’a jamais été fouillé ; c’est l’objet des nouvelles investigations conduites d’août à novembre 2019.

    Les approches et méthodes de l’archéologie d’aujourd’hui permettront une contextualisation et une compréhension plus fine de la tombe et mèneront à de nouvelles découvertes. 

    Ce point d’information, qui présente le site et les enjeux de la fouille de 2019, permettra de prendre des nouvelles régulières des recherches en cours.

    Autorisées et contrôlées par le ministère de la Culture (DRAC Bourgogne/Franche-Comté – Service régional de l’archéologie), ces recherches sont menées par l’Institut national de la recherche archéologique en partenariat avec le laboratoire ARTHEIS (CNRS, Université de Bourgogne, ministère de la Culture).

     Partenaires

    Vix et le phénomène princier, CARBONE 14, LE MAGAZINE DE L'ARCHÉOLOGIE par Vincent Charpentier - 03/11/2019

  • © Denis Gliksman, Inrap - Septembre 2019

  • Le plateau st marcel et une partie de ses constructions

    Superposition du plan des vestiges et de la reconstitution d’un bâtiment en image virtuelle sur une photographie aérienne du mont Lassois.

    Le tumulus de la Dame de Vix : une découverte d’exception

    Les vestiges de l’occupation celtique sur la commune de Vix font l’objet de recherches depuis le 19e siècle.

    La découverte, en 1953, de la célèbre tombe princière a permis d’attirer l’attention sur un site désormais reconnu comme majeur par la communauté scientifique internationale pour la connaissance de la période protohistorique européenne au premier âge du fer (- 800 à - 450 av. J.-C.) et au début du second (- 450 au changement d’ère).

    L’occupation se partage entre une cité, une nécropole et des espaces agricoles. La cité, protégée par des remparts, a pris place sur le mont Lassois, butte-témoin qui domine la Seine, mais aussi dans la vallée, à l’instar de la nécropole. 

    L’importance de la surface occupée, les dimensions hors-normes de certains bâtiments et le caractère luxueux de nombreux objets et de sépultures laissent penser que cette cité constituait un très important lieu de pouvoir.

     

  • Plan de la tombe de Vix © Joffroy - PCR Vix et son environnement

    Plan de la chambre funéraire de la Dame de Vix proposé par Bruno Chaume (CNRS), établi à partir des photos et des plans de 1954 et 1958 de René Joffroy. © Dessin Klaus Rothe PCR « Vix et son environnement »

    1 Cratère ; 2 Phiale ; 3 Coupe attique ; 4 Œnochoé ; 5 Bassin ; 6 Torque

     

    Partie souterraine d’un monument funéraire aristocratique, la chambre funéraire, inviolée, a livré, non seulement le squelette de la défunte déposée sur un char dont les quatre roues avaient été démontées et déposées contre l’une des quatre parois, mais aussi les bijoux dont elle était parée, notamment un exceptionnel torque en or, et divers récipients dont un très volumineux cratère et une prestigieuse phiale (coupe destinée aux rituels) en argent.

  • La panse et le pied du cratère, tout juste extraits de la chambre funéraire

    La panse et le pied du cratère, tout juste extraits de la chambre funéraire par Maurice Moisson et René Joffroy, attirent des habitants de Vix et des alentours © Joffroy

    VIX : 89 ans de fouilles archéologiques

    L’identification, en 1930, des vestiges d’une citadelle du premier âge du fer (- 800 à - 450 av. J.-C.) à Vix entraine Jean Lagorgette dans onze campagnes de fouilles sur le mont Lassois.

    À sa mort, en 1942, René Joffroy (1915-1986) professeur de philosophie au collège de Châtillon-sur-Seine, prend la charge de conservateur du musée et conduit, de 1947 à 1974, des fouilles sur le mont Lassois et ses pentes.

    Le point culminant de ces recherches, qui commence par l’identification par Maurice Moisson de ce qui correspond au tumulus, est la découverte, entre Noël 1952 et le Jour de l’an 1953, du cratère puis de la fouille de la chambre funéraire dirigée par René Joffroy et son équipe.

     

  • Mont Lassois, prospections du PCR Vix et son environnement

    Les prospections aériennes de René Goguey (1921-2015) - pilote dans l'Armée de l'air française et pionnier de l'archéologie aérienne – qui commencent sur le secteur de Vix en 1961, offrent à René Joffroy, et aux archéologues qui lui ont succédé, des champs d’investigations jusqu’alors inexplorés.

    En 1991, un nouveau cycle de recherches à Vix est engagé par Bruno Chaume, chargé de Recherche au CNRS ; celles-ci portent sur les lieux-dits les Herbues et les Tillies avec la fouille de deux tumulus (n°2 et n°6) datant de - 900 à - 800 av. J.-C., d’un sanctuaire et d’un tumulus (n°3) datant de - 500 à - 450 av. J.-C. et d’un enclos de la nécropole datant des 3-1er siècles av. J.-C.

    Depuis 2001, le programme collectif de recherche (PCR) « Vix et son environnement » se développe sur le mont Lassois. Il réunit des équipes française (université de Bourgogne), allemande (universités de Kiel et de Stuttgart), autrichienne (université de Vienne), et suisse (université de Zurich).

    L’objectif de ce programme international est d’étudier le complexe aristocratique de Vix, le mont Lassois et son évolution, dans son contexte environnemental.

  • Ensemble palatial du plateau Saint-Marcel

    Restitution graphique de l’ensemble palatial du plateau Saint-Marcel © Klaus Rothe, PCR « Vix et son environnement »

    LE MONT LASSOIS : UN HABITAT QUASI URBAIN

    La tombe doit se comprendre dans un contexte élargi : celui du site du mont Lassois.

    Sur le plateau supérieur du mont Lassois, au cœur d’un dispositif quasi urbain et au centre de l’enclos le plus vaste, s’élevait un grand bâtiment à abside et à antes (prolongements des murs latéraux pour former un porche) daté des environs de 500 av. J.-C., flanqué de trois plus petits édifices.

    Les dimensions du bâtiment le plus vaste sont exceptionnelles : 35 m x 22 m.

    Les chercheurs considèrent qu’il est la résidence palatiale de la Dame de Vix. L’espace intérieur de 500 m2 environ est divisé en trois pièces de surfaces inégales.

    Cette réalisation prouve la parfaite maîtrise des techniques de charpentage, permettant de libérer de vastes espaces intérieurs dans un édifice dont la panne faîtière (pièce de bois située au sommet de la charpente) s’établissait à une hauteur de 15 m minimum.

     

  • Mont Lasois, fouille du rempart 11

    Mont Lassois, fouille du rempart 11 © PCR « Vix et son environnement »

    UNE CITÉ DOTÉE D’UN PORT ?

    Les dernières recherches menées à Vix (2016-2018) ont révélé les vestiges de probables aménagements portuaires sur la Seine.

    À ce jour, l’hypothèse est celle d’un chenal creusé depuis le rempart en bas de la pente du côté nord-est du mont Lassois jusqu’à la Seine, d’une trentaine de mètres.

    Les prospections géophysiques, conduites dans ce secteur du site par l’équipe de Friedrich Lüth et de Rainer Komp (Institut archéologique allemand-Berlin-DAI), livrent des éléments de fortification qui correspondraient à une extension, dans la plaine, des levées 1 et 2 du mont Lassois.

    Ce prolongement du système de fortification sur la rive droite de la Seine enserrerait un tronçon de plusieurs centaines de mètres de la rivière.

  • Vue de l’implantation des structures archéologiques sur le mont Lassois et dans la plaine de Vix

    Vue de l’implantation des structures archéologiques sur le mont Lassois et dans la plaine de Vix © Klaus Rothe d’après les données de Bruno Chaume, université de Dijon, Thomas Pertlwieser et Otto Urban, université de Vienne, PCR « Vix et son environnement »

    Dans ce secteur, apparemment fortifié sur les trois côtés, les prospections géomagnétiques de l’Institut archéologique allemand, réalisées en août 2018, ont révélé la présence d’un autre bâtiment à abside. De taille également très importante, cet édifice prend place au sein d’un vaste enclos palissadé d’une surface d’environ un hectare qui se développe sur la rive droite de la Seine.

    Dans cette configuration, jusque-là insoupçonnée, le système de fortification enfermerait un vaste espace incluant un tronçon du cours d’eau et l’intégrant au complexe défensif.

    Si l’objectif est uniquement la protection des accès à la Seine, deux questions se posent : pourquoi édifier un grand bâtiment à abside à l’intérieur de ce système ? Peut-être s’agit-il d’une volonté d’aménager les rives de la Seine dans un espace protégé ?

    Notons que la position, dans la vallée, de ce grand bâtiment absidial diffère de celles des cinq autres édifices du même type construits sur le mont Saint-Marcel, le plateau supérieur du mont Lassois.

  • Reconstitution de la tombe princière de Hochdorf, Allemagne © Stork, Keltenmuseum Hochdorf/Enz

    Reconstitution de la tombe princière de Hochdorf, Allemagne © Stork, Keltenmuseum Hochdorf/Enz

    LE PHÉNOMÈNE PRINCIER

    Le site de Vix reste, à ce jour, le témoignage le plus éclatant du phénomène princier, à son paroxysme vers 500 avant J.-C.

    La tombe de Hochdorf (Allemagne, Bade-Wurtemberg, 540 avant J.-C.) semble inaugurer le modèle funéraire des tombes princières.

    Connues jusque vers 450 av. J.-C., elles réunissent autour du défunt ou de la défunte un char, des parures en or et de la vaisselle d’importation. C’est le cas de la tombe de Vix (500 avant J.-C.) qui relève des rares inhumations fastueuses de femmes.

  • Résidences princières

    Situation du territoire Aube-Seine en lisière des territoires centralisés hallstattiens de l’Ouest. D’après P. Brun, 2011

    DES « RÉSIDENCES PRINCIÈRES »

    Durant le premier âge du Fer (800-460 avant notre ère), dans de larges territoires situés au nord et à l’ouest des Alpes, les sociétés se hiérarchisent et se complexifient.

    Des formes extrêmes de pouvoir sont à leur apogée entre le 7e et le 5e siècle avant notre ère, dont découlent deux tendances caractéristiques.

    Les foyers les plus actifs font l’expérience d’une première forme de ville inaboutie. Souvent associée à une fortification, elle représente un point d’échanges entre la Méditerranée et les «résidences princières», sorte de chefferie qui ne possède pas encore les armes d’un État.

    Par ailleurs, l’élite dirigeante de chaque territoire s’empare des attributs d’une aristocratie princière, notamment par des funérailles aux dépôts fastueux et aux monuments gigantesques.

    La cartographie, encore partielle, des centres de pouvoir et des monuments princiers de l’Europe hallstattienne révèle un maillage assez dense de ces manifestations.

  • Œnochoe et torque_Lavau © C2RMF

    Œnochoé et torque en or, Lavau © Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF)

    LE «PRINCE DE LAVAU »

    L’exemple le plus récent de ce phénomène princier a été étudié à Lavau dans l’Aube. Les fouilles archéologiques préventives réalisées par l’Inrap en 2014 ont notamment livré la très riche sépulture d’un illustre personnage du second âge du Fer, déposée sur la caisse d’un char à deux roues.

    Son riche costume était rehaussé d’un torque et deux bracelets en or, d’une fibule en fer et or, d’un brassard en roche fossile, de perles en ambre, d’une ceinture en cuir brodée de fi ls d’argent, de boucles et passe-lacets

    en bronze. La tombe contenait un exceptionnel dépôt de vaisselle dédiée au banquet: grand chaudron à décor de têtes d’Achéloos, ciste (seau) à cordons, bassins, olpé (broc), couvercle en bronze, oenochoé à fi gure noire décorée de rehauts d’or et d’argent, passoire, cuillère perforée et pied de gobelet en argent et or, bouteille en céramique canneléede type «Vix» et son couvercle en bronze, couteau en fer au fourreau décoré de motifs en étain.

  • Chaudron, Lavau © D. Josset, Inrap

    Chaudron en bronze, oenochoé d’origine grecque à figures noires réhaussée d’or, ciste à cordons, Lavau © D. Josset, Inrap

    À Lavau, l’emprise de la fouille a permis d’étudier dans son intégralité le monument princier, permettant de s’interroger sur plusieurs problématiques : évolution des pratiques et de l’architecture funéraire, gestion de l’espace, etc.

    L’étude des objets enfouis, au moins une à deux générations après la «Dame de Vix», est riche en informations. La présence d’objets en argent, très rares dans les contextes funéraires de cette époque, est remarquable. Certaines traces, notamment liées à la consommation de vin rouge ou de vin aromatisé, témoignent d’une profonde intégration des pratiques méditerranéennes.

    La finesse du mobilier laisse entrevoir l’apparition d’un artisanat celtique au service du pouvoir. Il met en lumière l’acculturation des élites celtiques et offre un nouveau regard sur cette société, à l’instant où princes et premières villes s’apprêtent à disparaître.

    Mort quelques décennies après la « Dame de Vix », le fastueux « Prince de Lavau » et son goût pour la culture méditerranéenne, est l’un des derniers témoignages de ce spectaculaire phénomène et porte en lui quelques ingrédients d’un nouvel âge : le second âge du Fer, celui des celtes historiques.

  • Monument funéraire princier de Vix en cours de fouille, août 2019 © Manon Michelin, Inrap

    Monument funéraire princier de Vix en cours de fouille, août 2019 © Manon Michelin, Inrap

    LES ENJEUX DE LA FOUILLE DE 2019

    Les recherches, menées d’août à novembre 2019, ont pour objectif de contextualiser la célèbre tombe.

    En effet, la fouille de 1953 s’est principalement focalisée sur l’exceptionnel mobilier découvert dans le tumulus. De nombreuses questions restent en suspens, auxquelles l’équipe de spécialistes (archéologues, géomorphologues, céramologues, etc.) tentera de répondre.

    Le monument funéraire abrite-t-il des sépultures secondaires?

    Pourrait-on, comme l’a montré le site princier de Lavau (10), déceler les traces d’un podium dédié à la cérémonie funéraire de la princesse, ou encore le tumulus primitif d’un lointain ancêtre?

  • Fouille de la tombe princière de Lavau dans l’Aube, 2014 © Denis Gliksman, Inrap

    Fouille de la tombe princière de Lavau dans l’Aube, 2014 © Denis Gliksman, Inrap

    VERS UNE FOUILLE PLUS FINE

    Les techniques d’enregistrement des données en usage dans les années 1950 n’autorisaient qu’une prise en compte partielle de la tombede Vix : il n’en existe pas de vue d’ensemble, ni d’analyse stratigraphique.

    La comparaison avec la fouille de la tombe princière de Lavau, récemment réalisée par l’Inrap et contextualisée dans un nouveau programme de recherches de l’UMR ARTEHIS (dir. Bastien Dubuis), permet, aujourd’hui, de s’orienter vers une fouille plus fine et méthodique des vestiges, cherchant également à documenter l’architecture et le plan du monument et de la tombe.

     

  • LA TECHNOLOGIE AU SERVICE DE LA FOUILLE ARCHÉOLOGIQUE

    Les acquisitions photogrammétriques sont aussi une véritable avancée, permettant de renseigner chaque étape de la fouille de la tombe de Vix par un modèle 3D, précis et complet.

    L’utilisation d’un drone équipé d’un GPS et d’une caméra HD, couplée à des prises de vue au sol permettra d’envisager des projets plus ambitieux de valorisation des vestiges, dans une approche immersive.

    En effet, l’anticipation d’une valorisation muséale et patrimoniale des vestiges est une donnée importante, davantage prise en compte aujourd’hui: si les données scientifiques sont essentielles, l’idée de leur transmission à tous les publics l’est autant.

    C’est l’un des enjeux de la fouille menée en 2019. 

    Après la fouille, place à la phase d’étude ; les résultats de l’ensemble de ces recherches seront ensuite mutualisés et compilés dans un rapport de fouilles, dont la publication interviendra en 2020.

    Exemple d’acquisition photogrammétrique d’une coupe de fossé du monument princier de Lavau, en différentes étapes de calcul sur le logiciel Agisoft Photoscan.

    Exemple d’acquisition photogrammétrique d’une coupe de fossé du monument princier de Lavau, en différentes étapes de calcul sur le logiciel Agisoft Photoscan.

  • paleochenaux Vix

    GÉOARCHÉOLOGIE DU TUMULUS PRINCIER DE VIX

    Parmi les nouvelles approches mises en oeuvre lors de la fouille de 2019, les études paléoenvironnementales et géomorphologiques seront précieuses pour la compréhension de la tombe et de son environnement.

    Quel était le paysage autour de la tombe princière ? Les images aériennes ont mis en évidence des chenaux anciens dans la plaine alluviale de la Seine à proximité du site.

    Ces chenaux sont les différents bras de la Seine qui fluctuent selon les phases climatiques antérieures et postérieures au premier âge du Fer.

    L’étude paléoenvironnementale de 2019 a plusieurs objectifs :

    • définir le tracé des chenaux situés à proximité du tumulus princier

    • dater leur apparition et définir la proximité ou non de la rivière au moment de l’édification du monument funéraire.

  • Coupes géoarchéologiques © J.-P. Garcia , Univ. Bourgogne,UMR Artehis

    Coupes géoarchéologiques © J.-P. Garcia , Univ. Bourgogne, UMR ARTEHIS

    FLUCTUATIONS DE LA NAPPE D’EAU SOUTERRAINE ET CONSERVATION DE LA CHAMBRE FUNÉRAIRE ENFOUIE

    Le tumulus princier est positionné sur un replat, situé à 205 m d’altitude environ, qui domine de quelques mètres le lit de la Seine actuelle.

    Le creusement de la chambre funéraire, estimé à 4 m environ sous le sol actuel, pose plusieurs questions géoarchéologiques :

    • quelle était la position de la nappe d’eau souterraine de la Seine par rapport au fond de la chambre funéraire ?

    • quelle est l’importance des remontées de la nappe en période de hautes eaux et de crues de la rivière?

    • les bâtisseurs de la tombe et du tumulus avaient-ils connaissance de ce phénomène?

    • quelles sont les conséquences de ces fluctuations pour la conservation de la chambre funéraire et des objets qui y étaient déposés ?

    Les coupes géoarchéologiques permettent de connaître les relations de la structure à l’encaissant géologique, à la dynamique des dépôts (colluvions, alluvions) et aux fluctuations de la nappe d’eau. Elles permettent également de dater la structure.

  • DES MÉTHODES ET DES MOYENS COMPLÉMENTAIRES

    Voici un aperçu des méthodes complémentaires à celles utilisées en 1953 permettant une approche plus fine :

    Analyse des images LIDAR et satellitaires autour du tumulus princier: tracé des paléochenaux, etc. : 

    Le LIDAR (light detection and ranging) est une méthode de télédétection aérienne qui permet d’enregistrer les reliefs du sol au centimètre près, en occultant la couverture végétale. 

    Relevés LIDAR du mont Lassois, Vix

    Relevés stratigraphiques : 

    En analysant les dépôts sédimentaires (granulométrie, composition...), il est possible de déceler des traces d’événements naturels ou anthropiques qui sont intervenus dans le passé. Leur interprétation permet d’établir une chronologie relative du site.

    Relevés stratigraphiques © A. Quiquerez, Univ. Bourgogne, UMR ARTEHIS

    Tomographie électrique (SYSCAL) pour étendre les stratigraphies en connexion avec la plaine alluviale de la Seine : 

    Le sondage électrique est une méthode d’exploration du sous-sol qui repose sur la mesure de la résistivité électrique. Celle-ci caractérise la capacité du courant électrique à circuler dans le milieu naturel. Elle permet de mettre en évidence des structures archéologiques enfouies ou encore de reconstituer la géométrie du sous-sol.

    Relevés tomographiques © A. Quiquerez, Univ. Bourgogne, UMR ARTEHIS

    Détection, sondages (carottés ou tarière) et datation des paléochenaux : 

    Il s’agit d’effectuer un prélèvement de sédiment soumis à une série d’observations en laboratoire. Cet échantillonnage permettra de comprendre les différents évènements survenus et ainsi de dater l’apparition du paléochenal.

    Paléochenaux, Vix © M. Sutra

  • LES ANALYSES DE LABORATOIRE

    Analyses granulométriques

    Parallèlement à l’étude stratigraphique, l’analyse granulométrique d’un sédiment consiste à séparer ses différents constituants en classes dimensionnelles à l’aide de cribles ou de tamis.

    © Centre Michel Boüard, université de Caen

    Datations par radiocarbone

    Le charbon de bois est le matériau le plus utilisé dans les datations par radiocarbone. Le carbone14 est absorbé et stocké par les matières

    vivantes tout au long de leur vie. Lorsque la mort survient, il disparaît progressivement selon un schéma précis. Grâce à ce schéma on peut déterminer en quelle année l’être vivant a cessé d’absorber du carbone14 et connaître son année de mort.

    © Infographie : David Torondel - CEA

    Analyses malacologiques

    La malacologie est l’étude des mollusques terrestres et fluviatiles contenus dans les sédiments anciens. Il s’agit de l’analyse de leurs coquilles constituées de carbonate de calcium et qui se conservent extrêmement bien dans toutes sortes de sédiments. L’analyse malacologique permet ainsi de reconstituer la structure de la végétation. L’étude des mollusques d’eau douce permet de déterminer les caractéristiques des milieux aquatiques présents, dans une mare, un fossé, un chenal, une rivière, etc.

    Malacologie © Inrap

  • Fouille du monument funéraire de la Dame de Vix © Denis Gliksman, Inrap

    Fouille du monument funéraire de la Dame de Vix, vue prise par drône, début septembre 2019 © Denis Gliksman, Inrap

  • Le plateau st marcel et une partie de ses constructions
    Le tumulus de la Dame de Vix : une découverte d’exception
  • La panse et le pied du cratère, tout juste extraits de la chambre funéraire
    VIX : 89 ans de fouilles archéologiques
  • Ensemble palatial du plateau Saint-Marcel
    LE MONT LASSOIS : UN HABITAT QUASI URBAIN
  • Mont Lasois, fouille du rempart 11
    UNE CITÉ DOTÉE D’UN PORT ?
  • Reconstitution de la tombe princière de Hochdorf, Allemagne © Stork, Keltenmuseum Hochdorf/Enz
    LE PHÉNOMÈNE PRINCIER
  • Résidences princières
    DES « RÉSIDENCES PRINCIÈRES »
  • Œnochoe et torque_Lavau © C2RMF
    LE «PRINCE DE LAVAU »
  • Monument funéraire princier de Vix en cours de fouille, août 2019 © Manon Michelin, Inrap
    LES ENJEUX DE LA FOUILLE DE 2019
  • Fouille de la tombe princière de Lavau dans l’Aube, 2014 © Denis Gliksman, Inrap
    VERS UNE FOUILLE PLUS FINE
  • Exemple d’acquisition photogrammétrique d’une coupe de fossé du monument princier de Lavau, en différentes étapes de calcul sur le logiciel Agisoft Photoscan.
    LA TECHNOLOGIE AU SERVICE DE LA FOUILLE ARCHÉOLOGIQUE
  • paleochenaux Vix
    GÉOARCHÉOLOGIE DU TUMULUS PRINCIER DE VIX
  • Coupes géoarchéologiques © J.-P. Garcia , Univ. Bourgogne,UMR Artehis
    FLUCTUATIONS DE LA NAPPE D’EAU SOUTERRAINE ET CONSERVATION DE LA CHAMBRE FUNÉRAIRE ENFOUIE
  • Paléochenaux, Vix © M. Sutra
    DES MÉTHODES ET DES MOYENS COMPLÉMENTAIRES
  • Analyses granulométriques © Centre Michel Boüard, université de Caen
    LES ANALYSES DE LABORATOIRE