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LE PAYS CHÂTILLONNAIS ET SES RICHESSES NATURELLES
Au contact de la Champagne et de la Bourgogne, sur la ligne de partage des eaux entre la Manche et la Méditerranée, il est traversé par de nombreux cours d’eau. La Seine qui prend sa source à Saint-Germain-Source-Seine reçoit la Laigne et l’Ource. Le Brevon, affluent rive droite de la Seine, reçoit l’eau de la source de la Coquille. Au sud, les plateaux calcaires du Jurassique sont entaillés par d’étroites vallées bordées de falaises. Au nord le paysage s’ouvre au pied d’une côte du Jurassique supérieur où se sont installées Laignes et Châtillon-sur-Seine. Cette plaine est dominée par les buttes-témoins du mont Lassois et des ‘’Jumeaux’’ de Massingy. Le Pays Châtillonnais recèle un riche patrimoine archéologique et historique et bénéficie d’un milieu écologique remarquable pour sa flore.
L’eau est une richesse. La Seine, voie navigable dans la haute Antiquité à partir de Vix, a fait du Châtillonnais un passage fréquenté depuis des millénaires, un lieu d’échanges mais aussi de conflits entre les hommes.
Elle est aussi une force motrice qui a favorisé dans le passé l’installation et le fonctionnement des forges qui utilisaient le minerai de fer local et le bois.
Les nombreuses sources et résurgences vauclusiennes ont été des lieux de dévotion très fréquentés aux époques gauloise et gallo-romaine et restent aujourd’hui un but de promenade.
Une forêt de feuillus de plaine, caractéristique, de 33000 hectares couvre largement le Pays. On y trouve encore un chêne planté sous Colbert.
Toujours exploitée pour la construction et la production de charbon de bois, la forêt est une ressource vitale.
Châtillon-sur-Seine est une gare importante pour le transport du bois, en Bourgogne.
La forêt préserve des sites archéologiques de la Protohistoire et de la période gallo-romaine et sert d’écrin à des abbayes, Auberive, Val des Choux, Oigny, et à une commanderie templière, Épailly.
Elle a eu un rôle important durant la seconde guerre mondiale en servant de refuge aux maquisards. ‘’Le monument de la forêt’’ y commémore cet épisode douloureux.
Le minerai de fer dont les gisements affleurent est exploité dès la Protohistoire, au cours du premier millénaire avant notre ère et surtout à l’époque moderne dans de nombreuses forges comme celles de Sainte-Colombe, Marcenay, Ampilly-le-Sec, Montmoyen…
Le travail du fer fut une des bases du développement économique.
Le Pays Châtillonnais est un pays de pierre. Les roches sédimentaires formées dans les mers chaudes au Jurassique moyen, dans un milieu rappelant les Bahamas actuelles, se composent de calcaires oolithiques. Extraits des nombreuses carrières comme celles situées à Etrochey et dans un rayon de 40 km environ à Saint-Marc-sur-Seine, Beaunotte, Montmoyen, Coulmier-le-Sec, Chamesson et Nod-sur-Seine, ils ont une renommée internationale. Ces calcaires offrant différentes nuances du beige au gris sont utilisés depuis longtemps. Ils ont servi à la construction locale mais également à celle des cathédrales de Troyes et de Reims.
Ils sont exportés dans le monde entier, New York, Abu Dhabi… L’architecte Peï a utilisé la pierre du Châtillonnais sous la pyramide du Louvre. Les témoignages d’une exploitation depuis l’Antiquité sont à découvrir au cours de la visite. Dans cette salle, sont présentés des sarcophages en cours de taille, une croix de chemin surmontée d’un Christ de pitié, plus loin des ex-voto trouvés dans les sources, mais aussi les sols du musée.
Sous un climat atlantique à nuance continentale, le Pays Châtillonnais abrite une flore rare, en particulier, l’orchidée sauvage dite ‘’Sabot de Vénus” et la ‘’Ligulaire de Sibérie’’, ainsi qu’une faune variée comptant cerfs, biches, chevreuils et sangliers en grand nombre.
On chasse à courre en forêt de Châtillon, à l’abbaye du Val des Choux.
Des chroniqueurs du 14e siècle rapportent que les ducs de Bourgogne venaient déjà y chasser et pêcher la truite dans ses cours d’eau.
La tête d’un jeune loup tué en 1883 est présentée ici, ainsi qu’un collier de mâtin avec des pointes de protection externes. Le mâtin est un chien robuste qui était utilisé pour la chasse au loup.
Le vignoble du Châtillonnais frappé par la crise du phylloxéra au 19e siècle, reprend progressivement toute son importance aux confins de la Bourgogne et de la Champagne. La vigne, depuis de nombreux siècles a toujours marqué de son empreinte le paysage.
La complexité du sol et du sous-sol composés de calcaires argileux de l'Oxfordien, qui deviennent de plus en plus durs vers les sommets, fait la qualité du terroir. Le vignoble châtillonnais entre la tendance océanique du bassin parisien et l'influence continentale, bénéficie des hivers vifs et des étés chauds.
La région offre ainsi tous les matériaux de qualité nécessaires à la construction, la pierre aux bâtisseurs, le chêne aux charpentiers, les gisements d’argile des vallées pour la terre à tuiles et les lavières dont sont extraites les ‘’laves’’ appelées en dehors de la Bourgogne ‘’lauzes’’, aux couvreurs. L’église Saint-Vorles de Châtillon-sur-Seine comme les constructions rurales traditionnelles est couverte de laves.