Collection

Marmont, empire et industrie

  • Maréchal Marmont, Jean-Baptiste Paulin Guérin, 19e siècle, Huile sur toile

    Marmont maréchal d'Empire

    Auguste-Frédéric-Louis VIESSE de MARMONT est né à Châtillon-sur-Seine le 20 Juillet 1774. Il embrasse la carrière militaire ce qui l’amène à participer aux campagne napoléoniennes.

    Compagnons de Napoléon Bonaparte durant les campagnes d'Italie, d'Égypte et d'Espagne, il est élevé à la dignité de maréchal de France en 1809.

    Bien que ne manquant pas de bravoure et d'intelligence guerrière, Marmont s'est davantage illustré comme administrateur et organisateur des possessions et garnisons françaises à l'étranger. C’est ainsi qu’il a été nommé gouverneur des Provinces illyriennes (l’actuelle Croatie) et duc de Raguse (l’actuelle Dubrovnik). Il a su moderniser ce pays au point que son souvenir y est toujours vivace.

     

  • Le maréchal, fier et sûr de sa posture, est paré de ses plus belles médailles et distinctions : Il arbore son écharpe rouge de Grand Aigle de la Légion d’Honneur. Sa main droite, elle, tend son bâton de Maréchal d’Empire. 

    Attribué à Jacques-Luc Barbier Walbonne, 19e siècle, Huile sur toile

    Au cours de la restauration, il consacre son énergie à la mise en valeur de son patrimoine châtillonnais. La ville de Châtillon-sur-seine porte encore la marque des travaux d'urbanisation qu'il y mène. Ruiné et contraint à l'exil, il finit sa vie à Venise. Sa mort en 1852 signe son dernier retour. Son corps est rapatrié et inhumé au cimetière Saint-Vorles à Châtillon. En guise de geste d'attachement à ses racines, il lègue sa collection de médailles et distinctions honorifiques à la Ville.

  • Baton de Maréchal d'Empire, argent, tissu vert semé d'abeilles et d'aigles brodés en or, étui de maroquinnerie rouge, 1809

  • Il porte l’Ordre de Commandeur de la Couronne de Fer d’Autriche dès 1817 et devient Grand Croix de Saint-Louis en 1820 puis Chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit

  • Missionné par Charles X pour le sacre de Nicolas 1er Tsar de Russie, il reçoit le grand collier de l’Ordre de Saint-André en 1826.

  • Vue d'une partie du vignoble de la Garenne, Charles de Lasteyrie, 19e siècle, Lithographie

    Après l'épopée napoléonienne, Marmont consacre du temps à la gestion de ses propriétés en Châtillonnais. 

    Le maréchal donne libre court à sa curiosité scientifique et à son goût pour l'expérimentation dans les domaines agricole, viticole et industriel. Il aide à l'implantation des moutons mérinos dans le Châtillonnais tout en améliorant les techniques d'élevage. Il crée des vignobles et expérimente des méthodes de vinification afin d'améliorer la qualité de la production. 

    Il installe sur sa propriété un ensemble d'unités de production : un moulin, une brasserie, une vinaigrerie, une tuilerie, une poterie, une bergerie à deux étages, une sucrerie ou encore une scierie. La branche dans laquelle il met en œuvre  son goût pour l’innovation est la métallurgie avec la modernisation de sa forge à Sainte-Colombe-sur-Seine.

  • Château du duc de Raguse, Eugène Nesle, 1853, Lithographie

  • Intérieur d'une forge, Ampilly-le-Sec, Etienne Bouhot, 1823, Huile sur toile

    La métallurgie

    Le Châtillonnais se prête particulièrement à l’industrie métallurgique grâce à la présence des trois ingrédients nécessaires à son essor : l’eau, le minerai de fer et le bois. Le long des trois vallées, celle de la Seine, de l'Ource et de l'Aube, des structures d'exploitation et de transformation du fer s'établissent tout au long du 18e siècle.

  • Vue extérieure d'une forge, Montmoyen, Etienne Bouhot, 1823, Huile sur toile

  • Un site emblématique retient ici notre attention : la grande forge de Sainte-Colombe-sur-Seine. A travers maquettes, gravures et photographies se déploient l’histoire de ce qui fut l’un des site industriel majeur du 19e siècle en France. 

    De la maquette du haut-fourneau, édifié en 1777, nous passons à celle de l’âge d’or de la forge qui se transforme, sous l'impulsion du maréchal Marmont, en usine anglaise avec hauts fourneaux et fours à puddler alimentés par de la houille. En 1850, l'usine de Sainte-Colombe compte 16 fours à puddler, 8 fours à réchauffer, trois trains de laminoirs et 500 chevaux de force fournis conjointement par l'eau et la vapeur. Au début du 19e siècle, la forge de Sainte-Colombe était à feu continu, on n'y éteignait pas les fours, elle ne dormait jamais. Les gravures nous montrent les cheminées fumantes, les ouvriers au travail dans le rougeoiement de la fonte en fusion. 

  • Vue intérieure de la forge Marmont, Sainte-Colombe-sur-Seine, Théodore Thévenin, 1848, Lithographie

    Le puddleur (l'ouvrier travaillant aux fours) « enfournait une charge de fonte truitée qui pesait 225 kilos et qui devait rendre 195 kilos de fer... A bout de bras ! Du ringard (un tisonnier en fer), le puddleur remuait, perçait, tâtait, « touillait » la fonte en fusion à l'intérieur du four. Enfin, au moment décisif dont il jugeait à l'estime, ... il extirpait du four une tumeur blanche, à l'éclat insoutenable, pleine de pustules qui flambaient. Heaumes de treillis sur le visage, cnémides de tôle sur les tibias, les maîtres lamineurs se faisaient vis à vis de chaque côté des cages à cylindres cannelés qui tournaient, ...et ils passaient, rattrapaient et repassaient dans les cannelures la barre qui virait du rouge au bleu. La fabrication était lancée dans le circuit des fours à recuire et dans la série des laminoirs ... où le démêleur – un enfant – dirigeait à la sortie du dernier cylindre le jet de macaroni de fer qui giclait en volutes de feu. »

    Extraits des souvenirs de Robert Delavignette, Birama.

  • Sainte-Colombe aujourd'hui

    En 1915, la forge Marmont disparaît, remplacée par une câblerie dont les bâtiments se déplacent aux abords du chemin de fer, à l’emplacement actuel d’ArcelorMittal. Ce dernier épisode est illustré par un mur de photographies contemporaines, œuvre de Claire Jachymiak

    « Le reportage réalisé à la tréfilerie de Sainte-Colombe-sur-Seine met l’accent sur les éléments remarquables et patrimoniaux des bâtiments. Les photographies en hauteur soulignent la verticalité des lignes architecturales, plaçant le spectateur dans un angle qui accentue aussi les perspectives si impressionnantes des espaces industriels. Lieux immenses ponctués parfois de couleurs vives qui viennent réveiller l’unité de tons prédominante : les gris, le bois, le noir, le blanc »

    Claire Jachymiak

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