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Âge du Fer

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Pour comprendre la présence en terre bourguignonne du vase de VIX :

A 5 kilomètres de Châtillon-sur-Seine, au-dessus du village de Vix, se dresse le Mont-Lassois. Sur son plateau sommital les archéologues ont trouvé les traces d’une résidence princière du 1er Âge du fer, le Hallstatt de 750 à 450 avant notre ère, et un système de défense qui protège l’habitat. La communauté celte, établie sur cet habitat fortifié de hauteur, a dû jouer un rôle non négligeable dans le commerce l’étain, indispensable pour la fabrication du bronze, entre la mer Méditerranée et la Cornouailles britannique. Elle se trouve en effet sur une des voies d’acheminement de ce minerai.

La civilisation celtique centrée sur les plaines au nord de l’arc alpin se place au cœur des échanges européens. L’étain, l’ambre, les productions de prestige, vin, céramique, vase en bronze circulaient largement dans cet espace.

Au pied du Mont-Lassois, les tombes étaient protégées, à l’origine, par des tumulus, tertres de plusieurs dizaines de mètres de diamètre. Elles reflètent par leur matériel funéraire, non seulement l’importance des échanges, mais aussi la puissance des aristocrates gaulois et la hiérarchisation de leur société.

Les armes et les bijoux présentés dans cette salle confirment la place importante occupée tant par les hommes que par les femmes.

Les tessons de poteries grecques et massaliotes ainsi que les récipients de bronze importés d’Italie, les perles d’ambre et les bijoux en or sont les preuves incontestables de ce commerce dont les témoignages sont présents dans tout le Châtillonnais.

 

LES VASES EN BRONZE DES BANQUETS  FUNÉRAIRES

Le lébès du tumulus de la Garenne à Sainte-Colombe-sur-Seine fut trouvé dans une tombe à char féminine. De 32 cm de hauteur et 70cm de diamètre c’est un bassin en bronze ayant contenu une boisson, surmonté de quatre têtes de griffons, animal fantastique au corps de lion, au cou de serpent et au bec d’aigle. Ses origines sont à rechercher en Anatolie, Turquie actuelle.

La tombe de Vix

vix vase

La tombe de la Dame de Vix, découverte en 1953 par Maurice Moisson et René Joffroy est l’une des plus prestigieuses du monde celtique. Datée du début du 5e siècle avant notre ère, la chambre funéraire de 3 X 3m était protégée à l’origine par un tertre de pierres et de terre appelé tumulus. Elle abritait une défunte parée de tous ses bijoux, reposant sur un char dont les quatre roues démontées étaient posées contre les parois de la tombe, ainsi qu’un service à boire unique.
Le service à boire
Il se compose du cratère grec en bronze «  le vase de Vix », haut de 1,64m,  d’un poids de 208,6 kg, d’un diamètre maximum  de 1,27m, et dont la contenance est de 1100 litres.

 Il a été fabriqué vers 530 avant notre ère en Grande Grèce (Italie du Sud). C’est le plus grand vase en bronze connu dans le monde grec à ce jour.
Il contenait une boisson pour les convives du banquet funéraire.
Ce cratère repose sur un pied circulaire. Il est composé d’une cuve mise en forme par martelage, sans soudure, épaisse d’un millimètre environ. Elle est surmontée de deux anses en volutes diamétralement opposées, prenant appui sur le col. De face, chaque anse présente une gorgone à longues tresses, aux yeux écarquillés, aux pommettes saillantes montrant ses dents et tirant la langue. Cette gorgone que l’on nomme Méduse est vêtue d’un corselet d’écailles. Ses mains  sont posées sur ses jambes serpentiformes sortant d’une courte tunique. Ces dernières se terminent par des têtes de serpent qui semblent ramper sur l’épaulement de la cuve.
Deux lions se dressent sous les volutes de chaque anse. Leurs pattes sont appuyées sur une console en forme de S.
Tout autour du col vingt-trois appliques sont rivetées. Elles représentent le défilé, en alternance, d’un soldat grec de profil, portant casque, cuirasse et jambières, et d’un cocher conduisant un char de guerre à deux roues tiré par quatre chevaux. Chaque applique est de forme originale. Le pied est décoré de languettes.
Le couvercle-passoire, destiné à filtrer le vin agrémenté d’épices, pèse 13,8 kg et ses deux poignées en ruban plat sont décorées de palmettes. Une statuette représentant une jeune femme grecque est fixée sur une base tronconique au centre du couvercle.
La boisson servie à l’aide d’une cruche à bec tréflé étrusque, appelée œnochoé, se dégustait dans des coupes dites « attiques » à deux anses venant de la région d’Athènes. Une troisième coupe sans pied, une phiale en argent avec un ombilic d’or est de fabrication locale, mais sa fonction reste incertaine. Son poids est de 335 g et son diamètre de 23,3 cm.

Les trois grands plats circulaires étrusques pouvaient contenir des mets. Le plus grand a un diamètre de 57 cm et les deux autres d’un diamètre de 36cm portent des anses droites à décor de palmettes. Posés contre la paroi de la tombe, ils étaient donc vides, contrairement au cratère dans lequel on a relevé la trace d’un liquide.
La parure :
La Dame de Vix portait deux anneaux de chevilles en tôle de bronze de 100g environ chacun. Au niveau de la taille elle avait un large anneau de bronze portant encore la trace d’une lanière de cuir dont la fonction n’est pas déterminée. Plusieurs grosses perles en pierre d’importation et en ambre venant de la mer Baltique composent un collier. La défunte était parée de fibules en bronze incrustées de corail et d’ambre et d’une en fer plaquée d’or.

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Le torque en or qui pèse 480g est l’autre pièce-maîtresse de la tombe. Ce serait un travail indigène, composé d’une feuille d’or roulée sur elle-même et prenant la forme d’un arc outrepassé.


Il se termine par deux tampons en forme de poire, finement ouvragés, surmontés d’un minuscule cheval ailé dressé. On le nomme Pégase, du nom du cheval ailé, né du sang de la gorgone Méduse quand Persée trancha la tête de celle-ci, selon le mythe grec. C’est une interprétation.


La tombe de Vix est contemporaine de la tombe de Hochdorf en Allemagne, dans laquelle un homme était inhumé avec également son service à boire placé sur un char à quatre roues. Son corps reposait sur une remarquable banquette en bronze ornée de scènes guerrières en léger relief et dont les 8 pieds en forme de figurines féminines, bras levés, se terminent par des roulettes. Le défunt portait un chapeau conique en écorce de bouleau.

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