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Le monde Gallo-Romain

Sur l’ensemble du Pays Châtillonnais les fouilles ont mis au jour de nombreuses nécropoles celtes, témoignage d’une population importante dont les activités s’organisaient autour de l’exploitation du minerai de fer local, de la forêt et de l’agriculture, à la fin du 1e  Âge du fer.

DOUIX ET SOURCES SACRÉES

Sanctuaire Essarois

Plusieurs lieux sacrés du Châtillonnais attestent la continuité des croyances entre les périodes celtique et gallo-romaine. La région est riche en résurgences qui portent le nom de douix.

La Douix de Châtillon
Elle jaillit au pied d’une falaise, dominée aujourd’hui par l’église Saint-Vorles, et s’écoule vers la Seine.
Les archéologues ont découvert dans la résurgence plus de 300 fibules en fer déposées dans la source à l’époque de la Dame de Vix, une statue de divinité gallo-romaine vêtue d’une tunique et d’un lourd manteau à manches flottantes portant un enfant sur le bras gauche, ainsi que des ex-voto représentant pieds, jambes et têtes.
Les découvertes monétaires confirment une fréquentation de ce lieu sacré durant les trois premiers siècles de notre ère. Au 16e siècle, une Vierge à l’Enfant a été placée dans une niche creusée dans la paroi rocheuse au-dessus du bassin de la résurgence.
Des monnaies et des épingles d’époques ultérieures attestent la continuité des rituels de demande et de remerciement.

Le sanctuaire d’Essarois
Ce sanctuaire de source guérisseuse, isolé dans la forêt, a été plusieurs fois reconstruit sur la rive droite du ruisseau «La Cave» et fréquenté entre le 2e siècle avant notre ère (période celtique) et le 3e siècle après (période gallo-romaine). Le culte à Vindonnus, dieu gaulois, a été associé à Apollon après la conquête romaine. De nombreuses sculptures d’ex-voto en pierre, mais très peu en bois, ont été découvertes. Ce sont des ex-voto représentant des parties malades du corps, ou des demandes de fécondité. Des offrandes, comme la main tenant un fruit, doivent exprimer une demande à la divinité ou un remerciement.


coquille

La source de la « Coquille »  à Étalente
Elle jaillit au pied d’un cirque et on y a trouvé de nombreux ex-voto en pierre gallo-romains. Au cours des siècles suivants, on y a construit un moulin.
Une très grande statue de déesse mère assise, comparable à celle découverte aux sources de la Seine a été trouvée dans les environs.
Parmi les autres résurgences châtillonnaises, celle de Terrefondrée a également livré de nombreux ex-voto similaires dont un pied en pierre avec la représentation d’une éponge appliquée contre le tendon d’Achille.

Le sanctuaire du Tremblois à Villiers-le-Duc.
Ce temple est situé en forêt de Châtillon. Il a été occupé du 2e  siècle avant notre ère au 4e siècle après. On ne connaît pas la divinité tutélaire mais elle était invoquée pour la prospérité.
C’est un temple à plan centré avec une galerie couverte qui court tout autour, le lieu sacré ’’ la cella’’ est au centre.
Des ex-voto représentant des visages et des membres montrent que des pèlerins sollicitaient aussi l’aide d’une divinité guérisseuse. Ils lui ont offert de nombreux présents comme des mains tenant fleurs ou fruits et des fibules.
La statue d’enfant vêtu d’une tunique à cucullus (sorte de poncho à capuche) , portant un petit chien ou porcelet dans ses bras, reste d’interprétation difficile.
Les différents animaux attestent le lien entre le sacré et le monde agricole. Les bœufs couplés, chevaux et porcs ainsi que les fibules en forme de poissons, de chèvres ou de volailles sont probablement des demandes de prospérité.
Les représentations des enfants sont nombreuses, elles montrent que leur place était importante, du nouveau-né emmailloté du sanctuaire d’Essarois et de ceux des déesses-mères de la Douix et de Vertillum, à l’enfant du Tremblois avec son chien ou porcelet.

coquille deesse mere

LE MONDE DES MORTS


Les  monuments funéraires de Nod - Sur - Seine
C’est un autre lieu de culte en forêt qui est consacré aux défunts d’une riche famille gallo-romaine. Des récipients associés à des ossements d’animaux carbonisés témoignent de la pratique du banquet funéraire.
Les fragments architecturaux et les sculptures représentant les visages grandeur nature d’une femme portant un collier de perles et de deux personnages masculins d’une facture de grande qualité, révèlent une famille de rang social reconnu. Une femme au magnifique drapé portant une palme, l’enlèvement d’Europe par Zeus métamorphosé en taureau et la tête grandeur nature d’un cheval sont des sculptures rares.

La salle suivante permet de découvrir différents types de monuments funéraires:
•    Le pyramidion de Marigny, monument funéraire commun chez les Lingons.
•    La stèle funéraire de Meulson sur laquelle est représenté un couple de Gallo-Romains.
•    Le pilier de Rochefort montrant un enfant qui porte des tablettes.
Les dieux représentés sont Jupiter à l’anguipède et Mercure dont les pieds monumentaux sont le seul vestige. Ils illustrent le panthéon gallo-romain honoré dans cette partie de la Lingonie où se mêlent des influences romaine et locale.

Vertault

vertault



A 20 kilomètres à l’ouest de Châtillon-sur-Seine, sur la rive gauche de la Laigne, les archéologues ont fouillé une agglomération gallo-romaine de 25ha. Elle est datée du 1e  au 3e  siècle de notre ère. Une inscription retrouvée dans les thermes lui redonne son nom, Vertillum. Cette ville était au centre d’un réseau de voies de la cité des Lingons, dont le chef-lieu était Andemantunum (Langres).
Son organisation est claire. Un rempart de type ‘’ murus gallicus’’ protège les quartiers d’habitation, les ateliers-boutiques et les édifices tels que le temple et les thermes dont on conserve des éléments de marbre, de mosaïque et de sculpture.


Les objets de la vie quotidienne et de l’artisanat sont nombreux et variés. Le musée possède plus de 300 outils des ouvriers du bâtiment, des potiers, des verriers, des cordonniers, des tisserands, des métallurgistes, mais aussi des tabletiers (travail de l’os), ainsi que des productions de ces métiers.


Les poteries provenant du sud, du centre ou de l’est de la Gaule témoignent des courants commerciaux.
Au quotidien, les Gallo-Romains utilisaient aussi de la vaisselle métallique comme des poêles à manche pliant en fer, des assiettes, des plats, des cruches, et des casseroles en bronze. Les meules en pierre et les grains de blé carbonisés retrouvés dans les fouilles montrent que les céréales constituent une base de l’alimentation.
Ils consommaient la viande issue de l’élevage, mais aussi de la chasse. On a retrouvé des bois de cerf.
Ils appréciaient également les coquillages comme les huîtres qu’ils conservaient dans la saumure. La présence d’hameçons et de plombs montrent qu’ils pêchaient.


vertault 2

Les produits de la cueillette faisaient aussi partie de leur alimentation. On a trouvé des coquilles de noisettes.
Les habitants de la ville dépendaient de la campagne environnante.

Pour leur toilette, les Gallo-Romaines s’épilaient, se fardaient et se paraient de bijoux. Elles utilisaient des plaquettes en pierre pour préparer leurs onguents.

Si l’on avait recours au culte des divinités des sources à qui on offrait des ex-voto de pierre, de bois ou de métal représentant la partie du corps malade pour en demander la guérison, la présence de cachets d’oculistes indiquant le nom du médecin et les produits prescrits pour le soin des yeux et les bistouris, attestent une pratique de la médecine et de la chirurgie.

Les Gallo-Romains écrivaient à l’aide de stylets métalliques sur des tablettes de bois recouvertes de cire d’abeille.

Les sculptures donnent un aperçu de la mode vestimentaire et des coiffures à l’époque gallo-romaine dans cette région.
La présence de fusaïoles atteste le filage de la laine et de nombreux poids de tisserands ainsi que des peignes métalliques, l’utilisation de métiers à tisser.

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Une découverte très intéressante présentée dans la salle précédente a été faite à l’extérieur de l’enceinte de la ville sous un sanctuaire gallo-romain à plan centré.
Il s’agit d’une grande fosse contenant des petits chevaux gaulois couchés sur le flanc les uns derrière les autres, sur plusieurs rangs, les têtes orientées du même côté. Il existe aussi des fosses contenant des chiens également sacrifiés et disposés selon la même orientation. Aucun indice n’a permis de dater avec précision cet évènement. Était-ce un abattage rituel?


Vertillum subit les contrecoups de la situation politique au 3e siècle de notre ère et fut abandonnée. Mentionnée au 17e siècle, elle est redécouverte au 19e siècle.

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