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MARMONT MARÉCHAL D’EMPIRE (1774 – 1852)
Personnage de premier plan de l’Empire, Auguste-Frédéric-Louis VIESSE de MARMONT est né à Châtillon le 20 Juillet 1774 dans une famille de vieille noblesse.
Il poursuit des études à Châtillon, Dijon puis Châlons et entre au service de l’armée.
Sa carrière militaire est fulgurante. Proche de Bonaparte, il est nommé général à 24 ans, commandant d’armée à 30 ans et devient le plus jeune maréchal d’Empire à 35 ans.
Gouverneur en Illyrie, une région des Balkans, il réalise divers travaux restés dans les mémoires. Le titre de duc de Raguse, actuelle Dubrovnik sur la côte dalmate, lui est décerné.
Il rencontre Bonaparte à Toulon en 1793 et devient son aide de camp. Il l’accompagnera lors de l’expédition d’Egypte puis à travers l’Europe d’Ulm à Wagram. En 1809, il est élevé à la dignité de maréchal de France.
Chargé d’un commandement en Espagne, il y est blessé, puis il rejoint l’armée impériale pour la campagne d’Allemagne et participe à la campagne de France jusqu’à la capitulation de Paris. Il rallie Louis XVIII. Son dernier commandement lui est donné par Charles X pour mater la Révolution de 1830.
Après l’abdication de Charles X, il est contraint à l’exil. Esprit curieux, il voyage beaucoup en Europe. Le duc de Reichstadt qu’il rencontre régulièrement en 1831, lui a offert son propre portrait. Il s’installe à Venise et vit dans le palais Lorédan où il décède à l’âge de 78 ans. Son corps est rapatrié et inhumé au cimetière Saint-Vorles à Châtillon. La cérémonie religieuse se déroula à l’abbaye Notre-Dame.
Marmont n’est pas seulement un militaire. Il s’est pleinement investi dans l’économie du Châtillonnais de 1814 à 1830 en contribuant au développement de la vigne, des arbres fruitiers et de l’élevage du mouton Mérinos pour la qualité de sa laine. Il fut aussi un audacieux maître de forge. L’organisation urbaine de Châtillon lui doit beaucoup tout comme les ouvriers de ses forges pour qui il institua une forme de protection sociale et organisa l’instruction des jeunes.
Son château étant une ancienne demeure seigneuriale, il y fit des transformations importantes comme les deux pavillons près de la porte de Paris et une grande allée, taillée dans le roc, à l’intérieur du parc de 200 ha. Il se trouve sur les communes de Châtillon et de Sainte-Colombe.
En cinq ans, il réalisa entre autres, hors du parc, un moulin, une brasserie, une ferme pour 2000 moutons, une machine suédoise hydraulique pour battre le blé, une scierie, des hauts fourneaux puis une immense forge anglaise celle de Sainte-Colombe qui resta longtemps l’une des premières de France.
Son mariage avec Hortense Perrégaux resta sans héritier. Ses archives ont été conservées ainsi que ses décorations, armes et portraits qu’il a légués à sa ville natale et que le musée présente.
Des tableaux d’Appiani, Barbier-Walbonne, Paulin-Guérin et Nesle et des bustes de Dieudonné présentés ici, côtoient dans les vitrines ses épées, bâtons de maréchal, ses médailles et décorations ainsi que des représentations de ses contemporains, Petiet, Frochot et Miel.
Élevé au grade de Grand Croix de la Légion d’Honneur en 1805, il reçoit l’Ordre de l’Aigle d’Or du Württemberg en 1806. Il porte l’Ordre de Commandeur de la Couronne de Fer d’Autriche dès 1817 et devient Grand Croix de Saint-Louis en 1820 puis Chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit. Missionné par Charles X pour le sacre de Nicolas 1er Tsar de Russie, il reçoit le grand collier de l’Ordre de Saint-André en 1826.
Des objets personnels comme son bureau signé Jacob-Desmalter, ses portefeuilles de fonction en maroquin, son canif, les portraits de ses parents et les miniatures de son épouse évoquent l’intimité de l’homme.
Son enfance y est évoquée par une lanterne magique et des plaques de verre sur les costumes militaires et les cavaliers. D’autres illustrent les fables de la Fontaine, et des contes.
Durant son exil, il écrit ses Mémoires qui veulent éclairer ses choix politiques. Voyages de monsieur le duc de Raguse et d’autres livres relatent ses pérégrinations en Europe et au Moyen-Orient.
Sa devise était : « Patriae totus et ubique »
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(1749 – 1806)
Né à Châtillon, Chevalier de l’Ordre de Saint Louis, il fut ministre de la guerre sous le Directoire. Nommé au Conseil d’État par Napoléon, il devient intendant général de la Grande Armée le 29 août 1805 et organise le camp de Boulogne et la campagne d’Austerlitz. Il devient commandeur de la Légion d’honneur en 1804 et grand officier en 1806. Sénateur, il décède le 25 mai 1806 dans son hôtel à Paris. Napoléon lui fait faire des obsèques grandioses le 27 mai auxquelles assistent le Sénat en corps et les principaux dignitaires de l’Empire. Il est transporté au Panthéon. Son nom est gravé sous l’Arc de Triomphe de l’Étoile.
François-Honoré JACOB-DESMALTER (1770 – 1844)
Il appartient à une famille d’ébénistes originaire de Cheny dans l’Yonne. Il a ajouté à son nom le patronyme de Desmalter en souvenir d’une terre de ses ancêtres, Les Malterres. En 1803, à la mort de son frère Georges II, il crée une nouvelle société du nom de Jacob-Desmalter et Cie, à Paris, rue Meslée, avec son père Georges (1737-1814). Les pièces des ateliers Jacob qui comptaient plus de 300 ouvriers, ont été à la mode dès la période du Directoire. Les ateliers ont créé les dossiers de sièges ‘’à la lyre renversée’’ et ont compté des clients célèbres comme Cambacérès, madame Récamier... Le Premier Consul commande, en 1800, les meubles de la Malmaison et des Tuileries.
Jacob-Desmalter est conseillé par le peintre David et s’inspire de l’Antiquité gréco-romaine contribuant ainsi à créer le style empire, fauteuils à crosse en acajou, chaises à dossier ajouré.
En 1813, c’est la faillite due à la crise économique dans l’Empire et en raison des retards de paiement de l’État.
Le bureau du maréchal Marmont est estampillé JACOB D R MESLEE, marque utilisée de 1803 à 1813. Il faisait partie du mobilier du château de Viry-Châtillon, propriété constituant l’héritage d’Hortense Perrégaux femme de Marmont et fille d’un banquier d’origine suisse, fondateur de la Banque de France
(1749 - 1843)
A la fin du 18e siècle, époque prospère, s'installent à Dijon deux ébénistes qui acquièrent rapidement une bonne renommée, Courte et Demoulin. Ils ont fait leur apprentissage à Paris avant de venir s'installer, vers 1780, à Dijon où une "école" bourguignonne s'affirme depuis plusieurs siècles. Jean-Baptiste Courte est originaire de Medelsheim, en Allemagne, où il nait en 1749. Il obtient sa maîtrise en ébénisterie en 1777 à Paris. Il épouse Marguerite Sesseley, fille d’un ébéniste suisse installé à Dijon. Il produisit un mobilier de qualité, où alternent les meubles marquetés, proches du mobilier parisien et des pièces en bois fruitier, généralement du noyer, plus spécifiquement locales, peu ornées, aux lignes rigoureuses et bien proportionnées, qualités que l'on reconnaît volontiers au mobilier bourguignon. Le legs Jalabert apporta au musée de nombreuses pièces présentées ici.
Victorine de CHASTENAY-LANTY (1771-1855)
Issue d’une famille de petite noblesse fort ancienne, la comtesse Louise-Marie de CHASTENAY-LANTY chanoinesse et femme de lettres est née à Essarois le 11 avril 1771. On trouve mention d’un Jean de Chastenay dès 1190 et un Chastenay était compagnon de saint Louis à Tunis en 1260.
Peu fortunée, la famille était propriétaire du château et domaine d’Essarois à une vingtaine de kilomètres de Châtillon. Il comprenait, outre le château et le parc, la forge, le moulin, les fermes du village, 800ha de bois et les droits seigneuriaux. Elle y vécut des jours heureux dans une famille unie, charitable et très aimée dans le pays.
Elle reçut une instruction très supérieure à celle des jeunes filles de son époque, grammaire, mathématiques, géométrie, algèbre, sciences physiques et naturelles, mythologie, géographie, latin, allemand, anglais, espagnol, italien, musique, dessin et danse. Très tôt, la lecture des Rêveries d’un promeneur solitaire aiguisa sa passion de la botanique qui lui inspirera Le calendrier de Flore.
Elle recueilli la succession d’une abbesse et bénéficia à 14 ans d’une prébende, revenus spécifiques aux ecclésiastiques. Elle fut reçue au chapitre noble d’Épinal, situation qui ne lui interdisait pas de se marier.
La famille subit les tourmentes de la Révolution et se réfugie sur Châtillon.
Malgré de nombreux prétendants, dont un certain Auguste de Marmont, voisin des Chastenay, que son père jugea « de trop petite extraction, un traineur de sabre ami de cet obscur Bonaparte » qu’ils reçurent à Châtillon fin mai 1795, elle ne se mariera pas.
Elle avait un fort goût pour l’étude, passionnée de littérature elle s’intéressait aussi à l’histoire et à l’archéologie. C’est à elle que l’on doit l’initiative des fouilles du sanctuaire gallo-romain d’Essarois de 1834 à 1840.