La métallurgie du fer dans le Châtillonnais est très ancienne car les premières traces de l’exploitation du minerai local, sous forme de filons en surface, sont perceptibles dès le 1er Age du fer.
Les Gallo-Romains exploitent abondamment ce minerai et au Moyen Âge, les premières formes de mécanisation du soufflage des foyers et du martelage apparaissent.
Au 15e siècle, le haut fourneau permet la réduction du minerai de fer en fonte et celle-ci est ensuite convertie en fer doux dans une forge. Ce procédé direct est plus productif que celui du bas fourneau. Il demande l’usage de la force hydraulique d’où l’installation des sites de production près des cours d’eau et des forêts pour se procurer force motrice et combustible principal, le charbon de bois.
Possédées par les ordres privilégiés sous l’Ancien Régime, les usines étaient exploitées en location par des maîtres de forges.
La mise en vente des biens du clergé et d’une partie de la noblesse leur a permis de devenir propriétaires des établissements. Favorisée par les besoins en fer et en fonte des guerres de la Révolution et de L’Empire, l’industrie sidérurgique crée de nombreux emplois dans le Châtillonnais.
Á la fin de l’Empire, la société Maître et Cie groupait de nombreuses forges sur la région. Marmont possédait deux forges et un haut fourneau à Sainte-Colombe. Il se place ainsi en pionnier par la création d’une forge à l’anglaise dont la représentation sur une gravure est dans cette salle.
Châtillon n’avait qu’une fonderie, en amont, lieu-dit ‘’la Papeterie’’, mais était le centre du commerce du fer, en partie aux mains de Lapérouse.
Au début de la Restauration on exploitait le minerai de fer à une faible profondeur de 20m au maximum. On comptait dans l’arrondissement 18 hauts fourneaux et 19 forges.
Après l’extraction, on lavait le minerai dans des lavoirs ou ‘’patouillets’’, le long de la Seine, de l’Ource ou de l’Aube pour le transformer en fonte dans les hauts fourneaux. La seconde opération était l’affinage par élimination d’une partie du carbone dans les forges.
Des fonderies, laminoirs, martinets à Saint-Marc, des tréfileries à Ampilly-le-sec, Grancey-sur-Ource, des pointeries à Chamesson complètent la chaîne sidérurgique.
L’outillage des artisans du bâtiment était aussi produit localement par des fonderies souvent doublées d’une forge comme à Vanvey. Des taillanderies, fabriques d’outils tranchants, étaient installées à Brion-sur-Ource.
Avec la révolution industrielle, l’importation d’Angleterre de nouveaux procédés faisant appel au combustible minéral fait que le Châtillonnais devient une des premières régions à utiliser la houille pour transformer la fonte en fer.
Le fer reste jusqu’au 19e siècle au centre de l’activité du Châtillonnais faisant de la région un site majeur de production au niveau national.
En 1845 les usines du Châtillonnais fusionnèrent avec celles de l’Allier pour former la puissante firme Châtillon-Commentry. La firme fut jusqu’en 1867 la plus grande entreprise d’Europe.
C’est à partir de 1850 que la sidérurgie entre en crise du fait de la concurrence et de nombreux hauts fourneaux ferment sur le Châtillonnais. Á la fin du 19e siècle et jusqu’en 1914 on fabrique encore un peu de fer doux mais avec de la fonte importée. Cette disparition de la sidérurgie est l’une des causes du dépeuplement de la région.
L’intégration de cette firme aux groupes USINOR, puis ARCELOR fusionné avec MITTAL, l’actuel leader mondial de l’acier, trouve ses lointaines origines pour une part en Châtillonnais.
La ville de Châtillon, chef-lieu d’arrondissement depuis la Révolution, perdit ce rôle au profit de Montbard en 1926. La ville n’a pas pu bénéficier de l’essor des chemins de fer. La ligne Paris-Lyon-Marseille l’a laissée en marge.