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Le trésor de Vix

La découverte

Découverte du cratère de Vix

Janvier 1953, Maurice Moisson et René Joffroy découvrent, au pied du Mont Lassois, une tombe princière inviolée. L’opulence extraordinaire de son mobilier qui date la tombe du début du Vème siècle (vers 480 av. J.C.) marque l’apogée de la résidence princière appelée à disparaître quelques temps plus tard. La tombe de Vix reste, parmi les sépultures princières de la fin du premier âge du fer, celle qui a livré le plus grand nombre d’importations méditerranéennes (grecques et étrusques).
De forme cubique, la chambre funéraire édifiée en bois au centre d’un tumulus mesurant environ 40 mètres de diamètre, abritait – cas rarissime à l’époque – une riche sépulture féminine. Le corps de la défunte, âgée d’une trentaine d’années et parée de ses plus beaux bijoux, avait été déposé sur la caisse d’un char dont les quatre roues démontées étaient alignées le long de la paroi. Un énorme cratère à volutes en bronze d’origine laconienne, deux coupes en céramique attique, un torque en or, une phiale en argent à ombilic d’or, une cruche à vin (oenochoé), ainsi que trois bassins en bronze se trouvaient également dans la tombe.

Cette découverte est aujourd'hui considérée comme une référence internationale dans l'étude de cette période et a été qualifiée comme la découverte la plus importante réalisée en France au XXème siècle.

Le contenu de la tombe

Reconstitution de la tombe de Vix

La tombe renfermait la dépouille d’une femme d’une trentaine d’années gisant autrefois sur un char. La dame était parée de ses plus beaux atours. Elle était couverte de pas moins de 25 objets de parure : fibules (broches pour retenir les extrémités d’un vêtement) en bronze, avec incrustations de corail ou d’ambre, ou de fer avec de l’or ; anneaux de bronze (pour les chevilles), bracelets de schiste, de bronze (avec des perles d’ambre, de diorite et de serpentine). Et surtout un extraordinaire collier d’or (torque), pesant 480 g.

Outre ces bijoux, ont été retrouvés : une cruche (oenochoé en jargon archéologique) et trois bassins (récipients portatifs creux) étrusques en bronze, ainsi que deux coupes en céramique attique (originaires de la région d’Athènes). Ces objets apportent de très précieuses informations sur les courants d’échanges entre la région de Vix et la Méditerranée.

Le cratère de la tombe de Vix

Cratère_de_Vix

Le cratère (vase antique à deux anses, en forme de coupe, dans lequel on mêlait l’eau et le vin) de Vix est le plus grand vase connu à ce jour et peut contenir presque quatre fois plus de liquide (quelque 1100 litres). D'une épaisseur de 1,2 mm, il mesure 1,64 m, pèse 208 kg. Son diamètre est de 1,27 m.

La cuve et le col sont martelés en une seule pièce. Sur le col, on observe un défilé de guerriers grecs (hoplites), tantôt à pied, tantôt conduisant des chars. Le cratère était recouvert d’un couvercle sur lequel était fixée une statuette de femme haute de 19 cm, dont la tête est significative de la fin de l’art grec archaïque.

La dame de Vix

Corée

Il s’agissait, selon toute vraisemblance, d’une personnalité très importante. Dans la société celte d’alors, les femmes pouvaient apparemment jouer un rôle de premier plan. Celui de la dame de Vix était sans doute plus religieux que politique. La statuette du couvercle montre une femme debout, la tête couverte d'un long voile, tenant apparemment dans ses mains des objets qui ont disparu. Une autre statuette, découverte près de la tombe, permet de les identifier: elle représente, elle aussi, une femme debout qui tient une phiale dans sa main droite et une cruche dans sa main gauche.

Quelques ouvrages 

« La tombe princière de Vix  »
Ouvrage publié sous la direction de Claude Rolley, photos de Jacques Renoux, éditions Picard, Dijon, 2003

« Les fabuleuses découvertes du XXe siècle   »
« Dossiers de l'archéologie », n°259, décembre 2000-janvier 2001

« Vix, le cinquantenaire d'une découverte »
« Dossiers de l'archéologie », n°284, juin 2003

« Autour de la dame de Vix, Celtes, Grecs et Etrusques »
Catalogue de l'exposition organisée au musée du Châtillonnais à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or), du 27 juin au 14 octobre 2003